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Il faut que les démocrates européens sauvent le capitalisme de lui-même

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Secoués par les crises économique des années 1920 et 1930, les hommes politiques se sont raccrochés au étalon-or parce que c’était tout ce qu’ils savaient. L’étalon-or a infligé une austérité permanente et des baisses implacables de salaire. La conséquence était la stagnation économique et ensuite l’effondrement, le chômage qui grimpe en flèche, le bouleversement social et politique énorme. Le poids mort de l’étalon-or a été finalement livré lorsque les électeurs européens ont commencé à faire étalage de sa force et mettre les partis d’austérité à la porte. Il n’y a pas eu une fin heureuse.

Deputés du parti “l’Aube d’or” font leur salut néo-nazi après l’inauguration du nouveau parlement grec le 17 Mai.

Aujourd’hui, les leaders européens se trouvent dans la même posture, pris au piège par une orthodoxie similaire. Au lieu de l’étalon-or, on a la politique monétaire allemande – la hantise de la menace fantôme de l’inflation et la politique de la terre brûlée en ce qui concerne la réduction de la dette. L’austérité et les baisses de salaire s’ensuivent forcément. Les électeurs peuvent voir ça, qui est pourquoi ils abattent les dirigeants en exercice comme des vieux arbres morts.

Les dirigeants de l’Europe n’ont pas de stratégie politique, seulement une économique qui est défunte. Sans stratégie politique il n’y a aucun espoir. Ça ne fait rien que l’orthodoxie dicte que l’austérité est la “bonne” politique. Les partis qui continuent à offrir le même régime jockey seront renversés. Ceux qui pensent qu’on pourra conserver notre système actuel du capitalisme se leurrent dans un monde imaginaire.

Les partis démocratique – le centre-droite comme la centre-gauche – doivent soit réinventer le capitalisme soit être balayés par les forces plus sauvages qui ne se passionnent pour ni le laisser-faire ni la démocratie.

Il y a ceux sur la droite démocratique (on dirait surtout en Grande Bretagne) qui veulent saisir l’opportunité d’infliger plus des réformes free-market, plus de dérégulation du marché du travail, de plus en plus de compressions budgétaires. Ils rêvent d’achever la révolution ‘thatchériste’ sur les fosses des économies de la zone euro. On peut discuter le coup au sujet des conséquences économique de tout cela, mais politiquement cela mènera à rien. Les électeurs européens ne vont pas dans cette direction.

Face à la crise, l’électorat européen ne savent pas s’il devrait se tourner vers la droite ou la gauche. Mais ceux qui ont évolué vers le droite ne votent pas pour le statu quo. Ils viennent en masse aux partis comme le Front National en France, le Parti de la Liberté de Geert Wilders au Pays Bas, les Vrais Finlandais et même le néo-Nazi l’Aube Dorée en Grèce. Ce ne sont pas de partisans du marché libre. Leur projets économique ressemblent plutôt aux politiques des groupes gauchiste, comme le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon or le mouvement Syriza d’Alexis Tsipras en Grèce.

Prenons le Front National, per exemple, qui se bat avec l’UMP pour la domination de la droite française. Laissons de côté le racisme quotidien, la xénophobie, les mesures répressives de la politique sociale et de sécurité qui rempliraient les prisons de la France d’une moitié de la population active (j’exagère, mais pas beaucoup). Marine Le Pen veut aussi mettre fin au Marché unique européen, édifier les barrières douanière protectionnistes, arrêter la libre circulation des travailleurs et capitaux, nationaliser des banques.

Si ce n’est pas exactement le communisme, ce n’est pas le paradis du marché libre non plus. Aigre, bornée et répressive, si tu veux imaginer à ce que ressemblerait la France de Mme Le Pen, jeter un coup d’oeil à la Russie de Vladimir Poutine.

Mais ces idées ont de l’influence sur les électeurs européens parce que, au minimum, elle essaient de s’adresser aux craintes du peuple. Parce qu’elle semblent rompre avec le passé. Non encombré de l’orthodoxie économique, un parti comme le Front National peut offrir un projet exclusivement politique.

Si les Européens de la centre-gauche et centre-droite, qui partagent plus qu’ils veulent généralement admettre, souhaitaient conserver la démocratie libérale et une économie largement capitaliste, ils ont besoin d’une stratégie politique qui s’adresse à (parmi des autres):

Précarité – l’austérité et des reformes ‘thatchéristes’ créent l’incertitude et instabilité que les marchés détestent. Des gens peureuses ne font pas des travailleurs contents ou productifs. Ou électeurs.

Exclusion sociale – en particulière de la classe ouvrière, qui sont la groupe la plus attirée par les partis autoritaires de la droite et la gauche.

Salaires stagnants/en baisse – depuis 30 ans, la proportion de la croissance destinée aux salaires est insuffisante. Les revenus des ouvriers en Europe étaient largement en stagnation pendant de nombreux années; maintenant ils sont en chute libre. Pour la démocratie, c’est insupportable.

Globalisation – À ceux qui disent que les Européens devraient s’appliquer et accepter l’abaissement de salaires pour faire concurrence avec la Chine ou l’Inde – laissez béton! Vous serez renversé longtemps avant que ça se passera.

Si on ne peut pas réinventer le capitalisme libéral-démocratique pour que ça marche pour les travailleurs ordinaires, on ne peut pas s’attendre à ce qu’il survive. Décidez tout de suite: êtes-vous pour la démocratie ou le marché libre? Vous ne pourriez plus tergiverser longtemps.

It’s up to Europe’s democrats to save capitalism from itself

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Battered by the economic crises of the 1920s and and 30s, European politicians clung to the gold standard because it was the only thing they knew. The gold standard dictated permanent austerity and relentless downward pressure on wages. The result was stagnation followed by collapse, soaring unemployment, and massive social and political upheaval. The dead hand of the gold standard was only lifted when European voters began to flex their muscles and put the austerity parties out of office. It didn’t end happily.

Members of the Golden Dawn party give their version of the Nazi salute after being sworn in as Greek MPs on 17 May.

Today’s European leaders are in the same position, trapped inside a similar orthodoxy. For the gold standard read ‘German’ monetary policy – an obsession with the phantom threat of inflation and a scorched-earth approach to reducing debt. The austerity and wage cuts follow as a matter of course. Voters can see this, which is why they are felling incumbents across the continent like old dead trees.

Europe’s leaders have no political strategy, just a defunct economic one. And without a political strategy there is no hope. It doesn’t matter if orthodoxy dictates that austerity is the ‘right’ economic policy. Parties who keep offering up the same meagre fare will be pushed aside. People who think they can preserve our existing form of capitalism and democracy are deluding themselves in a bubble.

Democratic parties – on the centre-left or centre right – must either reinvent capitalism or be swept away by wilder forces who are no friends of either free-market capitalism or democracy.

Some on the democratic right (mostly in the UK it has to be said) want seize this opportunity to impose more free-market reforms, more deregulation of labour markets, deeper and deeper cuts in government spending. They dream of completing the Thatcherite revolution on the broken backs of the Eurozone economies. We can argue the toss about the economic consequences of this, but politically it’s a dead letter. It’s not the way European voters are facing.

European voters can’t make up their mind whether to turn left or right in response to the crisis. But even those turning to the right are not voting for more of the same. They are flocking to parties like the Front National in France, Geert Wilders’s Freedom Party in Holland, the True Finns in Finland, even the openly pro-Nazi ‘Golden Dawn’ in Greece. These aren’t free market parties. Their economic programmes often have more in common with the resurgent left-wing groups like Jean-Luc Mélenchon’s Front de Gauche or Alexis Tsipras’s Syriza movement in Greece.

Take Marine Le Pen’s Front National, which is locked in a battle to the death with Nicolas Sarkozy’s UMP for dominance of the French right. Leave aside the casual racism, xenophobia and repressive social and penal policies that would fill France’s jails with half its workforce (I exaggerate, but only slightly). She also wants to end the European single market, introduce protectionist trade barriers, stop the free movement of European labour, impose capital controls and nationalise banks.

This is not exactly communism, but it’s no free market nirvana either. Sour, insular and repressive, if you want to know what Marine’s Le Pen’s France might look like, look at Putin’s Russia.

But these ideas are gaining hold with European voters because they at least try to address people’s fears. Because they seem to be a genuine break with the past. Unencumbered by economic orthodoxy, parties like Le Pen’s can offer a explicitly political programme.

If Europeans on the centre-left and centre-right, who have more in common than they usually admit, want to preserve liberal democracy and a broadly capitalist economy, they need a political strategy to address (among other things):

Insecurity – austerity and free market ‘reforms’ create insecurity which leads to the instability which markets hate. Fearful people do not make contented or industrious workers. Or voters.

Disenfranchisement of working class people – these are the voters who are turning in increasing numbers to the undemocratic parties of the right and left.

Falling/stagnant wages – in the last 30 years too little a share of economic growth has gone into wages. Working class incomes have been largely stagnant in Europe (and the US) for many years. Now they’re falling off a cliff. In a democracy, this is unsustainable.

Globalisation – those who say we must buckle under and cut our wages to compete with China and India can forget it: you will be swept away long before that happens.

If we can’t reinvent liberal-democratic capitalism so it works for ordinary people, what right do we have to expect that it should survive? Decide now: are you for democracy or the free-market? You might not be able to face both ways for much longer.